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En te lisant je connais un survivant de plus.....
 
Amicalement,
 
Gabrielle
 
 

 

     C'est pas croyable l'internet comment ça peut transporter des sentiments et laisser libre cours à des émotions , qui sans cela demeureraient parfois étouffées en nous .Vous m'excuserez  pour les fautes car moi et les fautes d'orthographe on est assez copains.

 

     Je suis né à Montréal au Canada en 1957 et j'ai donc 47 ans. J'ai trois soeurs et trois frères, dont un est mort à l'âge de six mois à cause de mon père. Nous habitions dans un petit logement d'un vieux quartier et les six enfants n'avions qu'une chambre à coucher à deux lits pour six .Mon père était fou débile alcoolique et il  battait ma mère à tous les deux jours, ou deux fois par jour dépendant si son repas était assez chaud, ou  si ma mère avait dit un mot de travers . Des fois c'était nous qu’il battait pour avoir fait trop de bruit ou je ne sais plus.

 

     A cette époque nous n'avions que peu de ressources financières chez -moi . Ma mère lavait le linge à la main de tout le  le monde et le faisait sécher dehors. J’ai un souvenir assez particulier de ceci car il fait terriblement froid au Québec l'hiver. Souvent le thermomètre descend des semaines entières sous les -25 et -30 Celsius . Tous les jours ma mère se gelait les mains au sang pour étendre son linge dehors. Lorsqu’elle l’entrait  il était dur comme du bois et complètement gelé. Nous nous habillions chez les Soeurs de St Nom de Jésus. Je me rappelle souvent les Soeurs au visage sévère à l'école. J'ai même fait un tableau qui est sur mon site dans la section galerie et qui s'intitule : «  La ferme Jésus Marie. »

 

     Donc mon père était charpentier et il était accroché à la boisson . De plus, sa haine provenait d'une jalousie excessive envers ma mère et cela remontait probablement depuis le début de leur union. Ma soeur Francine à cette époque, était dans l'adolescence. Elle a quitté la maison à l'âge de seize ans. Dans mes souvenirs, elle ne cessait  de se battre avec mon père. Ensuite ce fut ma soeur Micheline de se battre avec lui, car elle le haïssait pour des raison que je ne veux pas faire ressortir ( ... )

 

     Donc dès l'age de 4 ans, je m'enfuyais de chez-moi, le soir, pieds nus sur la glace et la neige, afin d’aller chercher les policiers parce que mon père cassait tout dans la maison et que ma mère était blessée parfois gravement. Je revenais à la maison avec les policiers et après qu'ils aient calmé mon père ils repartaient . Alors, c'était moi qui se faisait frapper à coups de poing et à coups de pied.. Alors j'ai appris très vite à m'endurcir et aller quand même chercher les policiers quand  je n'en pouvais plus. Ma grande soeur partie, il ne restait que cinq enfants à la maison et à tous les soirs, nous restions cachés sous les lits. Nous avions très peur. C'est une chose  horrible qui hante ma vie, que d'entendre ma mère pleurer et gémir parce qu’il la frappait avec ses poings et ses grosses bottines de travail. Les voisins entendaient tout, mais personne  bronchait pour appeler les policiers ou faire quelque chose.

     Donc dès l'âge de la première année d'école je me sauvais de chez -moi tard le soir, et je passais des nuits entières dehors avec la faune nocturne qu'étaient les gens d'une grande ville de deux millions d'habitants. J'ai donc commencé à traîner dans les rues des nuits entières et ne revenir qu'à l'aube avant que ma mère ne se lève.. .La raison était simple.. mon coeur me faisait mal terriblement et j'avais trop de peine . Il était plein de cette douleur atroce qui déchire un coeur d'enfant et le blesse à tout jamais.. Dès mes premières années d'école, mes professeurs appelaient mes parents pour leur dire que je défiais l'autorité  et que je me battais fréquemment avec les autres ou que je ne me présentais tout simplement pas en classe… Les devoirs, faut même pas y penser car le soir, chez- nous, c'était impossible d'étudier ou de faire des travaux.

Puis, un beau jour mon père se fait interner pour dépression nerveuse. Un policier avait usé de ses relations pour que ça arrive.

     Suite à cela, un  matin de juin, un monsieur vient nous chercher ,ma petite soeur Lyse, ma  soeur Micheline et moi, pour nous emmener faire une promenade en auto. Mes deux frères bébés restèrent à la maison avec maman . J'avais trouvé cela curieux que ma mère nous demande, en pleurant, de suivre le monsieur avec des sacs de vêtements. Donc la promenade en voiture n'était qu'un aller simple dans un véhicule qu'un travailleur social flegmatique conduisait. Il nous amena  à Louisville à 125 kilomètres de Montréal. Le soir même, nous étions tous placés à une ferme laitière où la dame de la maison gardait d'autres enfants en pension, en plus des siens. Ils y a trop de choses qui sont refoulées en moi et qui me blessent depuis cette période. Entre autre, je me souvient lorsque j'avais pas encore six ans et que les services sociaux nous avaient placés sur cette ferme a Louiseville... Je me rappelle qu'on me l'a détruit mon enfance, et ça me fait mal encore aujourd'hui de repenser a tout ceci. J'y pense en fait chaque jours, depuis plus de quarante années. Je me rappelle surtout de cet homme qui venait dans mon lit et qui me tirait par les cheveux en m'étranglant et qui me tripotait comme un jouet.. Ça me fait terriblement mal quand je me souviens de ce pénis bien dur qui essayait de m'enfoncer le derrière et me le déchirait ou qui m'étouffait à en vomir par ce qu'il me le plaçait dans la bouche.. Quand on a cet age c'est une chose horrible.. Fallait pas que je dise rien, surtout pas car il allait me tuer.. Je devais simplement me contenter de recevoir des dizaines de coups de fouets, des coups de pieds ou des coups de poings en me fermant la gueule. Fallait surtout pas pleurer... non, surtout pas et je les ai toujours garder pour moi ces larmes là... Pour moi tout seul, quand je suis dans le noir et que j'imagine chaque fois une présence qui me hantera pour toujours...

 

     Tout a empiré dès ce jour puisque les mauvais traitements ont persévérés  et durant les trois mois qui ont suivi. Je me rappelle de chaque abus, de chaque coup de fouet. Je me rappelle aussi avoir eu le sentiment d'être abandonné dans la vie et cela me faisait un mal terrible d'être séparé de ma mère. Cependant, je devais prendre soin de mes sœurs car elle étaient beaucoup plus faibles que moi. Sur cette ferme nous n'avions pas le droit d'aller plus loin qu'en dessous du balcon et parfois près de la maison pour jouer un peu. Le monsieur lui,  travaillait aux champs et s'occupait des vaches. Nous n'étions bien dans cette maison que lorsqu’ il était présent car il adorait les enfants et il était très gentil. Son épouse demeurait tranquille lorsqu’ il était présent et son grand fils gardait les mains dans ses poches car la nuit il ne se contrôlait pas.

     Puis un beau matin je n'en pouvais plus. J’ai brisé avec un long bout de bois deux cent cinquante vitres qui garnissaient les fenêtres à carreaux de la deuxième maison sur ce terrain. Le calvaire allait se terminer je croyais, et ils ont voulu se faire rembourser. Je me rappelle que le lendemain ma grand- mère et ma mère étaient venus nous chercher.

Nous avons donc fait un retour à la maison. Mon père était sorti de l'asile entièrement guéri… selon les psy à la con…mais tout a recommencé de plus belle...

 

     J'ai donc passé mon enfance dans une violence que je ne voulais point . J'ai donc exprimé cette violence en me battant jour après jour dans les rues, les ruelles, les parcs et à l'école.. .Mon père était appelé à se rendre à l'école souvent pour rencontrer le directeur et je me rappelle qu'il avait dit à un de mes professeurs, ne pas comprendre le pourquoi de mon indiscipline et de ma violence en classe. Un beau jour mon père décide de m'inscrire à des cours de judo pour essayer de calmer mon envie folle des bagarres. J'ai pratiqué deux ans. Mais à la maison c'était toujours pareil, mon père battait ma mère régulièrement, et j'allais encore chercher les policiers. Je me suis inscrit ensuite à des cours de karaté que j'ai pratiqué pendant sept ans. Ceci m’a apporté un contrôle total de l'envie de me battre.

 

 

     A l'âge de seize ans, je me suis acheté une carabine. Un soir, j'ai placé six balles dedans et je l'ai cachée dans un coin de la maison. Je voulais tuer mon père ce soir-là,  et je m'étais résigné à l'abattre parce que je ne pouvais plus supporter voir ma mère se faire martyriser. Le soir venu, quand il a commencé à faire sa crise, le papa  idéal, je me suis assis en face de lui,  à la table,  et j'ai donné un violent coup de point sur cette table en lui disant, qu'il avait cinq minutes pour quitter la maison et ne plus en revenir. Quand tu as seize ans,  un corps d'adulte et que tu fais des arts martiaux depuis bien des années , ça fait réfléchir un papa qui n'a de force que pour frapper une femme. Il est donc parti sur le champs avec son linge, devant les pleurs de ma mère . Je n'ai pas eu à le tuer mais je l’aurais fait au bout de ces cinq minutes décisives.

 

Ensuite ma mère a prise des procédures de divorce et elle a commencé à vivre un peu après 25 ans de mariage.

 

     Je me suis donc marié  à l'âge de 23 ans. Je suis encore marié depuis vingt ans. Je n'ai jamais été violent envers ma conjointe ni physiquement ni verbalement... et j'ai deux enfants merveilleux.

                                                                                                        Voici un peu de ma vie...

Il se peut que ce texte déplaise à certaines personnes dans la famille

Veuillez donc m'excuser d'être heureux.

Quelques photos

En 2005 au Téléthon enfants soleil

 

A 17 ans

Jour de mes noces a 23 ans- Sylvie 19 ans

À 29 ans

30 ans

Dominic et Mélanie  Julien Nés le 13 janvier 1983 et 1986 et mon épouse Sylvie

 

À ma première communion en 1964...Ne riez pas hein...

Accompagné de se charmant père, batteur de femme attitré chez nous

Ma mère, une femme merveilleuse

 


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